Nicolas Sarkozy officiellement candidat à la présidentielle

Revue de la presse française du 11 au 17 février 2012

Ce n’était certes pas une surprise, mais l’événement n’en demeurait pas moins attendu et abondamment débattu par les commentateurs politiques français : quand et comment le chef de l’État allait-il annoncer qu’il était candidat à sa propre succession ? peut-il de la sorte redresser les sondages d’intention de vote, qui le donnent pour le moment très largement perdant ?

Le terrain des valeurs, défriché la semaine précédente par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, a également servi de premier tremplin pour Nicolas Sarkozy. Dans un long entretien accordé au Figaro Magazine, il a notamment exprimé son intention de recourir davantage au référendum, un outil dont il n’a jusqu’à présent jamais fait usage mais qui est en France très fortement associé avec la présidence du général de Gaulle. Pour Nicolas Sarkozy, le peuple serait notamment amené à s’exprimer directement lorsque l’opposition des corps intermédiaires serait trop forte ou, dans le cas du durcissement des règles d’indemnisation des chômeurs, lorsque des questions particulièrement sensibles liées par exemple au système de la Sécurité sociale seraient en jeu.

Après quelques jours d’émulsion, il a fini par lâcher mercredi soir devant les caméras de télévision de TF1 un « oui, je suis candidat à l’élection présidentielle ». L’annonce aurait été suivie par plus de dix millions de téléspectateurs, c’est-à-dire plus que la moyenne d’audience à l’heure du traditionnel journal de 20 heures mais moins que l’émission spéciale consacrée à la crise de l’euro, suivie par près de dix-sept millions de personnes. Le chef de l’État devrait par la suite entrer véritablement en campagne et déployer les instruments classiques pour ce marathon : un quartier général, un livre programmatique et de nombreux déplacements destinés à renouer le contact avec les Français après cinq ans d’isolement dans la tour d’ivoire de l’Élysée.

Outre les éventuels effets sur les chiffres des intentions de vote, la déclaration de candidature est importante pour que soient mieux distinguées les activités qui relèvent de l’exercice du pouvoir et celles liées à la campagne électorale. Les récentes propositions du chef de l’État étaient il est vrai à cheval entre réformes de fin de mandat et promesses électorales, un flou que n’a pas manqué de relever l’opposition. La commission des comptes de campagne vient à ce titre d’être saisie pour la seconde fois pour « utilisation des moyens de l’État à des fins de campagne électorale », via par exemple le financement des visites en province ou la présence dans les media de masse, normalement réglementée pour assurer un minimum d’équité entre les candidats. Si le pouvoir en place dispose de ce point de vue d’un avantage important sur les challengers, le revers en est le bilan et d’après les enquêtes d’opinion, le handicap est loin d’être négligeable.

Articles phares :
- Le Figaro, Sarkozy sur la rampe de lancement, Charles Jaigu, 13 février 2012 ;
- Le Figaro, Hollande dénonce les comptes de Sarkozy, François-Xavier Bourmaud, 14 février 2012 ;
- Le Parisien-Aujourd’hui en France, Peut-il encore gagner ?, Didier Micoine et Henri Vernet, 15 février 2012 ;
- Le Figaro, Le credo du président-candidat, Charles Jaigu, 16 février 2012 ;
- Le Figaro, Les secrets d’une déclaration, Solenn de Royer et Charles Jaigu, 16 février 2012 ;
- Libération, Une histoire de petites annonces, François Wenz-Dumas, 16 février 2012.